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4 avril 2008, rencontre avec Eric Reppert au 91 de la rue Porte-Dijeaux à la librairie Mollat.

Le nom d’Eric Reppert est associé à « Vins Etonnants », site de vente de vins en ligne. Site qui propose des cuvées aux noms improbables faites par des vignerons dont personne ne parle. Mais étonnants quand on les déguste.

Ségolène Lefevre et Fureur des Vivres invitent Eric Reppert le 4 avril 2008.

Eric Reppert nous raconte son aventure :

Le site a maintenant 6 ans d’existence, je l’ai ouvert en 2002 avec 12 vins. Lire la suite chez Ségolène

Suite à ce débat fort animé durant lequel j’ai pu poser 4 questions de la vingtaine que j’avais prévues, le public ne cessant d’interroger Eric, nous nous sommes transportés en tram vers le Canard Jazz, cours de la Martinique,  où Jean-Claude Furnari nous avait préparé un «repas canaille» pour mettre en valeur les vins sélectionnés par Eric.

Le vin de table «Festejar» Domaine de la Bohème 2006, un effervescent naturel demi-sec à base de gamay d’Auvergne dont nous avons déjà parlé sur ce site. Les avis sont partagés, uniquement sur le niveau de sucre que certains jugent trop important.

Le chef nous a concocté un fromage de tête maison (sur lequel il a parsemé quelques échalotes vinaigrées) et une terrine de foie de volaille, plus proche du gâteau de foies blonds que du pâté, avec une sauce tomate froide à se damner. 2 vins doivent accompagner ces entrées :

Vin de table «Swimming Poule» Ancestra 2006, un vin totalement naturel vinifié sur le territoire de Mâcon. C’est le fruit, un peu à la manière d’un viognier, qui surprend de prime abord. Après ouverture et aération on retrouve mieux le chardonnay. L’accord est un peu compliqué, j’ai préféré ce vin pour lui-même, et je le verrais bien sur des cuisses de grenouilles persillade.

Bergerac «Sens du fruit» Domaine Jonc Blanc 2006. On change de couleur pour un vin rouge qui est une véritable gourmandise. Comme son nom l’indique, ce Bergerac joue le contrepied de ses congénères de l’appellation en privilégiant la buvabilité à l’extraction. Une belle réussite qui confirme que Franck Pascal est un très bon vigneron.

On en arrive à un moment d’anthologie, que j’attends comme certains vont à la quête du graal, la tête de veau. Initialement, le choix était donné entre tête de veau et tripes à la mode Jean-Claude, ces dernières ne récoltant qu’un gourmet pour les goûter. Il faut dire que Jean-Claude Furnari va acheter sa tête de veau (et ses tripes) chez un tripier palois, et qu’il passe plusieurs jours à préparer et cuire cette tête qui devient fondante, souple, goûteuse, à peine salée, fabuleuse en somme. Quelques légumes (pas trop cuits) et une vraie sauce gribiche avec une petite note moutardée l’accompagnent. Plusieurs convives qui n’avaient jamais dégusté de tête de veau et qui l’ont choisie sous mon aimable pression ont été conquis. Pistonné comme je suis, j’ai eu le droit à une assiette de tripes après la tête de veau sous le fallacieux prétexte de donner mon avis. Je le donne ici : somptueuse ! D’autant plus qu’elle améliore un des deux vins pas très à l’aise avec la tête de veau.

Vin de pays des Côtes de Pérignan «Terres Salées» blanc Barbier 2006. Pur bourboulenc, ce vin a les caractéristiques de son cépage, gras et fraîcheur mêlés, mais manque un peu de fruité. Du coup, avec la tête de veau l’ensemble est relativement plat. Tout change avec les tripes qui réveillent le vin et qui lui donnent de l’ampleur. Un bon accord avec un vin difficile à apprécier.

Régnié Souzons 2004 (sans soufre) : un des grands Beaujolais dégustés à ce jour, et Dieu sait si j’aime ça ! Un gamay qui renarde un peu, ce n’est pas commun. Cette réduction disparait à l’aération, et le vin est plein, fruité et s’entend très bien avec la tête de veau.

Profitant d’aller quérir ses abats à Pau, Jean-Claude en a profité pour faire le plein de fromages béarnais, vache et brebis. Il se fournit chez Monsieur Brousset, dans la vallée d’Ossau. Les fromages qu’il nous a proposés sont des fromages d’hiver, quand les bêtes sont à l’étable, nourries du foin récolté sur les pâtures et les estives du paysan. Un vrai bonheur, d’autant plus que le vin s’avère parfaitement adapté. Il s’agit du Saint Bris Domaine des Temps Perdus 2004, pur sauvignon, qui s’est avéré mon préféré pour cette soirée. Un vin pur, très minéral, élégamment tendu aux notes florales évidentes. Je vous reparlerai bientôt de ce domaine tenu par une «vieille connaissance», Clotilde Davenne qui œuvra 17 ans aux côtés de Jean-Marc Brocard.

Le dessert, un ananas émincé au gingembre est accompagné d’un Cabernet d’Anjou rosé moelleux Bablut 1970. L’ananas est bon, mais après les merveilles que nous venons de manger je l’ai ingurgité sans y faire très attention. Le vin a des notes de fleurs fanées au nez ; en bouche aussi, ce n’est pas mon type de vin.

Merci Jean-Claude de ce festin, et bravo Eric d’être venu de Limoges nous parler avec tant de franchise et d’enthousiasme. A bientôt.

Librairie Mollat

91 rue Porte Dijeaux

33000 Bordeaux

Eric Reppert

Vins Etonnants

+33 555 714 112

courrier électronique

Fureur des Vivres

Le Canard Jazz

9 Cours de la Martinique

33000 Bordeaux

05 56 79 00 44

courrier électronique


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