gastronomie Patrick ChazalletPatrick Chazallet logophots vignes chablis
AccueilRestaurantsGourmandiseVinsMagazine
Accueil > Gourmandise > Histoire des produits > Le SIAL et le rameau par Marc A. Copti


Le SIAL et le rameau par Marc A. Copti

Cette année, en guise de gage de bonheur organoleptique (du grec léptikos, qui calme, mais surtout capable d’impressionner un récepteur sensoriel), la version montréalaise du SIAL portait en son plumage le quintessenciel extrait des fruits du légendaire rameau.  Il y avait dégustation d’huiles d’olives au Palais des congrès.  Et c’était la principale raison pour laquelle j’y suis allé.  Visite guidée, rien de moins, avec Céline Venne (www.lessaveursduterroir.com), rencontrée de circonstance au SIAL-Paris en 2004 et lors des deux dernières éditions à Montréal.

L'auteur, Marc A. Copti à La Havane

Le SIAl et le rameau

par Marc A. Copti

Je vous laisse découvrir seuls la dégustation formelle (2ème du genre), avec panel d’experts et sommités oléicoles, et ses résultats, fort probablement publiés sur la toile (néanmoins, au moment de mettre en ligne, pas d’indication à cet effet sur le site www.sialmontreal.com ).

Pour ma part, j’ai fait pour vous la dégustation à la dure, à l’instar du Salon des Vins, debout sur une patte, dans le bruit et la foule, besace en bandoulière, kiosque par kiosque; et, pour concentrer un peu l’effort (paresse du dégustateur oblige) j’ai profité d’un nombre (hélas limité) parmi les huiles concourantes, agréablement disposées dans un coin du Salon pour en faciliter l’approche.  Et puis, j’ai triché aussi, en dégustant, pour faire changement, trois huiles d’avocat, dont deux bio, en provenance du Chili.  Le tout à découvrir dans le (désormais légendaire) tableau qui suit toujours en fin de rubrique.

Drôle d’idée ou idée de drôle : huiles d’olive / cigares ?!?

A ce stade-ci de ma prose, vous vous demandez peut-être (en tout cas vous devriez) mais kécé (et autres onomatopées intraduisibles, ou carrément censurées), pourquoi-donc nous fait-il la rubrique huiles d’olive (toutes pacifiques soient-elles, avec un rappel d’étymologie grecque dans une année bissextile de jeux olympiques)???  Mais bien évidemment (ah bon!) encore une fois dans le contexte des cigares.  Pensez-y un instant : huile d’olive = nez + bouche + gorge … si ça n’est pas un appel du pied au complémentaire cigare, il y a de «l’organoleptie/thérapie» qui s’est perdue dans les méandres de mon propos.

Plus sérieusement, je pense que les huiles d’olives de qualité, grâce à l’équilibre de leurs saveurs (noix, noisette, pistache, argan, etc, pour excellentes fussent elles, pêchent par des arômes prononcés, trop longs et présents en bouche); et leur acidité somme toute réduite, forment un excellent prélude gastronomique au fumeur de cigares.  C’est le bon corps gras qui enveloppe les mêmes organes sollicités «leptiquement» par les volutes.

Retour sur le futur d’un passé déjà découvert

Quand je vous dissertai sur les vins et les cigares  (il faut suivre SVP, rubrique précédente sur le salon des Vins et Spiritueux de Montréal), j’insistai sur la quasi-absence de consommation des deux délices en même temps.  Je réitère également, avec fougue et vigueur, mon conseil cette fois-ci : huiles d’olive d’abord, comme vous l’aimez, nature (à la cuillère ou à la louche), avec pain ou tout autre support enfariné ou tubercule, et tous les aliments de votre choix … cigares ensuite.

Le SIAL sans huile

Une parenthèse clin d’œil toutefois sur le SIAL, hors huiles d’olive. Je ne m’épancherais pas sur les attributs de taille, d’espace, d’organisation, etc ; très honnêtement, je n’y ai prêté qu’une distraite attention. En sus de sa clientèle professionnelle, c’est un Salon intéressant pour les amateurs de gastronomie et de techniques culinaires (dans le sens large, technologies mais aussi disponibilité de forme des aliments, surgelés, séchés, en conserves particulières, en paquets ré-utilisables…). Quelques vins ou apéritifs en dégustation aussi. Cette année, comme de coutume, il y avait des condiments en masse. Il y avait aussi dominance de la canneberge, incluant justement à titre de … condiment.

Le tableau

A moins de finir confit après une exhaustive tournée du Salon, je me suis limité à un nombre d’huiles dégustées bien inférieur à toutes celles qui y étaient disponibles. Pour ma part, j’ai décidé de déguster à la cuillère, sans pain ni autre artifice, en me concentrant sur trois facteurs : nez, bouche, gorge (étant donné l’effet en gorge que produit l’huile d’olive pure). Et pour faire la pause, je prenais de temps à autre un petit carré de chocolat noir.  Un délice de combinaison (approprié, comme par hasard, aux cigares), si, si, je vous l’assure. D’ailleurs, je vous invite, que dis-je, je vous conjure d’essayer : baguette de pain blanc ou pain de mie neutre, filet d’huile d’olive et quelques carrés de chocolat noir à peine chambré (dans le creux de la main). Un délice, vous en redemanderez !

 

Espagne

CASTA

DIVA

Gazon vert fraîchement coupé, très légèrement citronné (jaune), le jus plutôt que l’écorce du noble agrume.

Une sensation dominante de gras, sans être écœurante mais limite, rattrapée par une amertume arrivant par la suite, comme à mi-chemin.

Espagne

GASULL

Un nez … d’huile d’olive, immanquable ! Et un agréable côté pomme verte.

Aucune amertume, c’est rare, mais pas toujours de circonstance, il manque alors un petit quelque chose.  Du poivre blanc en 2ème lampée.

Légèrement piquante, bien équilibrée, et un tout harmonieux avec la bouche

Espagne

SAN

LEANDRO

Très intéressant, prononcé et typé, beaux arômes d’humus sans le côté acre.

Belle amertume et une grande longueur, des arômes persistants.

C’est le poivre noir frais, moyennement piquante.

Italie

MIRUM

Nez de gazon et artichaut, beaucoup de subtilité aromatique.

Absence totale d’amertume, très grande douceur, presque doucereuse, presque sucrée.

Râpeuse en gorge, un peu difficile telle quelle pure à la rasade (de cuillère).

Italie

COLLI

DAUNI

Encore le tandem gazon-artichaut, mais en plus gras.

C’est totalement l’inverse de la précédente, dominance d’amertume, très grande longueur complétée par la sensation en gorge.

Franchement piquante, agréable pour les amateurs, c’est l’explosion des poivres.

Italie

GALANTINO

Gazon vert très frais et citron-vert cette fois-ci.

Amertume moyenne, bel équilibre, idem pour le gras aussi.  Pas d’arômes spécifiques, neutre (?).

Très légèrement piquante-poivrée, et en 2ème rasade seulement.

Italie

FRAGRANZO NOVELLA

Un nez d’artichaut et … d’olive verte !

Excellent équilibre du gras et de l’amertume, probablement une huile condiment/vecteur neutre pour sublimer ce qui l’accompagne.

Pas de piquant, ni de poivre, mais plutôt la suite (en moins goûteux) de la bouche.

France

MAS

ST-PIERRE

Nez de gazon, citron, légère pomme verte.

Une longueur et amertume moyennes, plutôt une huile « douce ».

Similairement à la bouche, c’est en douceur, bien que cela sacrifie des arômes plus tranchés.

France

L’OSTAL

CAZES

Le nez le plus complet, le plus complexe et le plus intéressant, avec une pointe quasiment de noisette verte.

Une amertume difficile en bouche, laissant un sillon peu coutumier.

Un peu piquante, vous rappelle sa présence.

Portugal

QUINTA

de SAO VINCENTE

Nez difficile, fermé peut-être, on verra avec la premium.

Très douce, savoureuse, peu d’amertume.

Aucun raclage ou picotement de gorge, c’est … neutre!

Portugal

QUINTA

de SAO VINCENTE – Colheita Premium

Sincèrement, j’ai beau essayer, prendre une pause et re-essayer, je ne goûte aucune différence avec la non-premium (!?).

Idem, avec peut-être la sensation d’un plus grand raffinement, mais sans arriver à mettre le doigt dessus.

Idem.  A re-déguster dans un autre contexte, à un autre moment.

Chili

(avocet)

SAN PIETRO

Aucune senteur particulière

Plutôt douce, et très léger arôme de noix.

Rien de spécifique, on est loin de l’effet huile d’olive, même parmi les plus légères.

Chili

(avocat)

AVOCADO-

MOLINA

Plus typé, légère senteur d’avocat mûr.

Beaucoup plus typé, un agréable arôme de noix de pins (pignons).

Caractérisée par une sensation de douceur, mais encore une fois pas d’effet de gorge.

Chili

(avocat)

PALTITA

Aucune senteur (facilement) détectable, c’est neutre.

Idem en bouche, c’est très doux, mais neutre.

Rien de spécifique, on sent simplement le corps gras.

Les limites de cette dégustation

L’environnement du Salon et les contenants utilisés (la cuillère en plastique blanc ou le petit gobelet opaque en carton plastifié) ne me permettaient pas de vous entretenir des couleurs, reflets et autres attributs similaires.  Il n’était raisonnablement pas possible (ou facile) d’avoir les prix au détail suggérés.  Non plus les variétés d’olives pour chaque huile dégustée.  Toutes ces huiles sont extra vierge et de 1ère pression à froid, certaines sont bio.  Je n’ai pas osé m’aventurer sur les accords entre ces huiles et vos mets préférés, ni recommander (cette fois-ci) les cigares qui suivraient.

Voilà.  Alors, je vous tends un rameau et on fait la paix !


Voir aussi

E = mc², vins et cigares par Marc A. Copti

Ecrire un commentaire


Votre Nom *

Votre email *

Votre site
Les champs marqués d'un * sont obligatoires

Afin d'éviter tout risque de spam, votre email ne sera en encun cas affiché sur le site.

Votre commentaire *


Oui, je désire recevoir la newsletter Chazallet.com

Merci de saisir le texte de cette image pour valider votre commentaire
article précédentarticle suivant

écrire un commentaire

Inscription Newsletter
Mes sites favoris
 

Derniers articles Hervé Busset, chef de cuisine

Hervé Busset, chef de cuisine et propriétaire du Moulin de Cambelong, Conques, Aveyron, Midi-Pyrénées, répond à nos questions rituelles.

Moulin de Cambelong, Conques, Aveyron, Midi-Pyrénées, déjeuner du 28 juin 2008

Pour mes ateliers des Européennes du Goût à Aurillac, j'ai demandé à Hervé Busset d'intervenir sur le thème de l'agneau "Allaiton d'Aveyron". Tout naturellement, nous allons déjeuner chez lui.

Soupe à l'ail rose de Lautrec

Le Syndicat de Défense du Label Ail Rose de Lautrec fête ses 40 ans de label rouge en publiant un fascicule de 40 recettes. Ces recettes ont été imaginées par les chefs des restaurants Midi-Pyrénées appartenant aux "Cuisineries Gourmandes", association volontaire avec un cahier des charges très rigoureux quant à l'approvisionnement des produits entrant dans la composition de leurs plats.

La Grand'Vigne, Martillac, Gironde, Aquitaine, dîner du 15 juin 2008

Un ami se propose de nous inviter dans un restaurant de notre choix à l'improviste un dimanche soir. Je n'hésite pas longtemps à choisir La Grand'Vigne car nous n'avons jamais dégusté la cuisine de Franck Salein.

Européennes du goût 2008 à Aurillac : Hervé Busset et l'allaiton d'Aveyron

Comme l'an passé j'ai organisé 4 ateliers du goût avec des chefs auvergnats lors des Européennes du Goût à Aurillac du 27 au 29 juin 2008. Le dernier est avec Hervé Busset qui travaille l'allaiton d'Aveyron

Européennes du goût 2008 à Aurillac : Frédéric Coursol et le pain

Comme l'an passé j'ai organisé 4 ateliers du goût avec des chefs auvergnats lors des Européennes du Goût à Aurillac du 27 au 29 juin 2008. Le troisième est avec Frédéric Coursol qui travaille le pain

Européennes du goût 2008 à Aurillac : Philippe Brun et les fruits rouges des Monts du Velay

Comme l'an passé j'ai organisé 4 ateliers du goût avec des chefs auvergnats lors des Européennes du Goût à Aurillac du 27 au 29 juin 2008. Le deuxième est avec Philippe Brun qui travaille les fruits rouges des Monts du Velay

Européennes du goût 2008 à Aurillac : François Gagnaire et la lentille verte du Puy

Comme l'an passé j'ai organisé 4 ateliers du goût avec des chefs auvergnats lors des Européennes du Goût à Aurillac du 27 au 29 juin 2008. le premier est avec François Gagnaire qui travaille la lentille verte du Puy

Etude sur l'origine du zinfandel

Maurice Bensoussan a recherché l'origine du cépage zinfandel. Hongrois, californien ou italien ? Lisez cette enquête qui commence par un festin de caïman.

4 saisons gourmandes d'Aquitaine

Les éditions Confluences ont demandé à 28 auteurs d'exprimer leur ressenti vis-à-vis des produits qu'offre la nature en Aquitaine. En découle un livre toujours instructif et parfois émouvant.


AccueilRestaurantsGourmandiseVinsMagazine
 Bistrots
Chroniques gastronomiques
Recettes
Histoire des produits
Personnalités
Dossiers
Degustation
Encyclopédie
Courants de pensée
Evénements
Livres
 
Copyrights Patrick Chazallet 2003 - 2005 | designed by Wonderweb Top of page
Boire et manger, quelle histoire ! | Blog-appetit.com | blog-actu forum| epicurien.be | culino-tests de miam